Lundi 2 novembre 2009, nuit de pleine lune, j'espérais que cela influencerai mon accouchement, la naissance de notre fils tant attendu... Le lundi soir, aucun signe précurseur ne vient
troubler notre soirée en amoureux, la dernière à deux sans qu'on ne le sache.
Vers 3h15 (environ), je sens pendant mon sommeil deux contractions légèrement douloureuses dans le bas du ventre, contractions tout à fait différentes de celles que j'ai eues jusqu'alors.
Je me dis que ça doit venir de la position dans laquelle je suis allongée, je me couche donc sur l'autre côté. A nouveau, deux contractions un peu douloureuse viennent envahir tout le bas de mon
ventre. Je me dit que ça ne doit pas être cela, que cela ne peut pas être pour aujourd'hui, je n'y crois pas. Je me mets quand même à quatre pattes, position physiologique réputée pour soulager
la douleur. A peine la position prise, je sens comme un léger écoulement entre mes jambes. Prise de bonheur mais d'inquiétude aussi, j'allume la lampe de chevet et réveille mon chéri: « Je
crois que c'est pour aujourd'hui », il est 3h32. J'avais tellement pensé à ce moment, à la phrase que j'allais dire pour lui annoncer un éventuel début de travail, que finalement je suis
déçu de la banalité énoncée. J'ai peur de me faire de faux espoirs. Je file aux toilettes bien naïvement, pensant que le reste de la poche des eaux allait sortir de suite. Rien du tout. Je
retourne dans notre chambre, mon chéri s'est habillé prêt à installer le matelas, les draps et alèses, nettoyer la salle de bain et la baignoire (oui, notre salle de bain est encore en
travaux!)... Je le freine un peu, j'ai vraiment peur de me réjouir pour rien. Je lui dit d'attendre. Je prends deux spasfons et me laisse jusqu'à 4h pour observer les signes et appeler notre
sage-femme. Mais pas de doutes, quelques contractions un peu douloureuses mais très irrégulières surviennent encore. Contractions que j'essaye d'accompagner accroupie ou à quatre pattes mais en
vain, la douleur ne s'atténue pas pour autant. Je pensais vraiment que ces positions allaient m'aider pendant le travail. Mon chéri pendant ce temps là, malgré mes doutes et réticences, commence
à tout préparer, au cas où il n'en aurait plus le temps après! Bien lui en a pris. J'avais une petite liste de choses à préparer quand le travail s'enclencherait, pensant que j'aurais le temps au
début, entre des contractions éloignées et non douloureuses, de faire tout cela : faire le liminent, préparer le lit du petit, allumer des bougies que j'avais préparé pour le jour J, mettre les
morceaux de musiques sélectionnés... Mais les contractions m'ont tout de suite assaillie, elles étaient de suite douloureuses bien qu'irrégulières. A 4h, j'appelle A., notre sage-femme, lui
expliquant ma fissure de la poche, mes ressentis, lui précisant que pour l'instant elle n'était pas obligée de venir, que l'on préférait rester rien que tous les deux pour ce début de travail. Je
m'installe alors sur le ballon pour bouger mon bassin et aider mon fils à descendre, mon chéri s'installe sur le fauteuil juste derrière moi prêt à me masser et à m'accompagner lors des
contractions. J'ai faim, je mange quelques gâteaux et bois un petit peu d'eau. Les contractions sont toujours bien présentes et irrégulières, j'ai l'impression de ne pas gérer la douleur, elles
me font mal dans le bas du ventre. J'essaye d'observer leurs régularité à l'aide de mon portable mais je n'y arrive pas prise entre les contractions et la fatigue. Vers 5h, j'essaye de trouver
une position où la douleur sera moins forte, je m'installe alors sur le matelas, posé dans le salon pour l'occasion, a quatre pattes ou accroupie, mais rien ne me soulage vraiment. Après deux
contractions, je perds les eaux, un grand et long écoulement chaud entre mes jambes. Je ne retiens pas, je laisse couler, ayant mis une protection sur le matelas. Je suis impressionnée par la
quantité. Et là je me dis que oui, le travail a bel et bien commencé, que la rencontre avec mon tout petit est proche. Je me réinstalle sur le ballon, seul endroit où la douleur y est plus
supportable. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que le liquide coulait encore, malgré tout ce que j'avais déjà perdu auparavant! Je trempe encore trois bonnes serviettes, j'étais gênée, je ne
voulais pas mouiller autour de moi, on venait de changer les draps! Les contractions sont toujours présentes, la douleur est un peu plus forte mais leur régularité n'est toujours pas au
rendez-vous. J'ai peur d'en avoir pour un petit bout de temps encore ! J'ai mal, je suis fatiguée. On décide à nouveau de chronométrer les contractions pendant un petit quart d'heure et de
rappeler la sage-femme ensuite. Notre chronométrage fut un échec. Je suis prise de fatigue, mon chéri approche la table, me pose le coussin d'allaitement dessus pour que je puisse m'y reposer,
somnoler , récupérer. Vers 5h30, mon chéri appelle la sage-femme pour qu'elle se mette en route et vienne nous rejoindre. Je désespère, me dit que vu que les contractions sont irrégulières, j'en
ai pour un petit bout de temps encore, j'ai mal, je suis fatiguée, j'ai l'impression de ne pas accompagner comme il faut les contractions et mon bébé qui avance. Je suis tendue. Mes contractions
viennent à leurs rythmes, toujours douloureuses, tantôt espacés de 4-5 minutes, ce qui me permet de poser ma tête sur la table, de somnoler et de récupérer entre chaque contraction, mon bassin
effectuant des rotations sur le ballon. Tantôt deux ou trois contractions à la suite où aucune pause n'est possible: j'essaye juste d'accompagner au mieux lors des pics de douleurs, mon chéri
m'aidant beaucoup pour la respiration en soufflant avec moi, en me rappelant de respirer lorsque je me bloque. J'accompagne les contractions en chantant, en poussant des râles souvent de
douleurs. Je demande soudain à mon chéri un seau, j'ai envie de vomir. Je regrette d'avoir mangé au début du travail. Très vite je rends ce qu'il y a dans mon estomac, cela me fait du bien et
laisse plus de place à l'utérus pour travailler. Vers 6h, la sage-femme arrive, je suis en pleine phase de désespérance, me pensant loin de la délivrance et de mon petit bout. Ça fait mal, je
fatigue. Mon bassin balance toujours et encore, je pousse des râles et fait des sons de plus en plus fort. A. m'encourage, me dit que c'est très bien, que j'accompagne bien ce petit bout dans sa
descente. Je reprend peu à peu confiance même si j'ai vraiment mal, que la douleur se fait beaucoup ressentir dans le bas du ventre mais aussi dans le bas du dos dû à mes mauvaises postures lors
de précédentes contractions. Vers 6h30, A. me propose un bain, quelle bonne idée! Je m'en veux de ne pas avoir y pensé auparavant! Elle va faire couler l'eau, mon chéri restant avec moi et
m'accompagnant lors des contractions. L'eau prête, je m'y glisse avec plaisir, elle est chaude! Mais très vite la déception prend le dessus, les premières contractions sont tout aussi
douloureuses. A. puis mon chéri, me versent régulièrement de l'eau chaude sur mon ventre qui n'est pas totalement immergé. Cela fait vraiment du bien! J'ai mal dans le dos, même hors des
contractions. Je parle au bébé, lui dit de sortir, que l'on travaille bien tout les deux, qu'on y est presque! Je dit aussi que j'ai envie que l'on me l'enlève, que j'ai mal...Après 3-4
contractions, je sens l'envie de pousser, déjà! Le bébé appuie sur mon anus. J'accompagne les contractions en poussant, cela me soulage énormément. Mon chéri a glissé un bras derrière moi, j'y
pose ma tête entre les contractions toujours aussi espacées pour y somnoler et récupérer. Après quelques contractions, A. me dit que je peux changer de position si je le souhaite, que cela fera
peut-être avancer le travail et me dit aussi qu'au point où j'en suis, les positions à rechercher sont celles où le bébé pourra le mieux progresser et non celles pour soulager la douleur, ce
n'est de toute façon plus possible à ce stade là, il faut que bébé sorte. Après un petit bout de temps d'hésitation (j'étais bien installée et trop fatiguée pour vouloir changer de position) je
me décide enfin et me met face à mon chéri, dos au mur, les jambes écartées. Très vite en effet, je sens que le travail s'accélère, je m'accroche avec les bras autour du cou de mon chéri, et je
pousse! Je me dis qu'il n'y a que ça pour le faire descendre. Je pensais vraiment le sentir glisser dans mon vagin, j'ai juste senti l'appui sur l'anus puis sur le périnée. Dur moment que ce
passage! Finalement, après quelques poussées, mon fils sort sa tête, je suis toujours dans l'eau, le reste du corps sort tout seul. La sage-femme le réceptionne,et me le tend, il est 8h12. Prise
dans la douleur, et surtout la fatigue, je suis comme anesthésiée, je ne me souviens plus très bien de ce premier câlin, moi qui attendait tant ce moment là! J'ai le souvenir d'un corps
agréablement chaud collé contre moi, propre, une tête bien chevelue et des petits yeux noir et bridés : j'avais l'impression d'avoir accouché d'un petit chinois. L'eau était devenu froide, ma
position me faisait mal. J'ai senti une gêne entre les jambes, je me suis légèrement relevée et le placenta est sorti tout seul, entier, moins d'une minute après mon fils. Ayant toujours mal dans
cette position, on décide de se blottir sous la couette, j'emporte mon fils encore tout chaud contre moi, A. me précédant avec le placenta encore accroché au bébé. Sentant une grande gêne et une
douleur lors de ce petit déplacement, A. regarde et observe une petite déchirure. Pendant qu'elle me recoud, j'essaye de placer Loup-Malo au sein. Très éveillé il plonge son regard dans le mien,
que d'émotion! Je suis prise d'amour pour ce petit être, bienvenu Loup-Malo. Je t'aime mon fils.
Cette période dans la baignoire m'a paru très courte, à peine plus d'une demi heure. Après avoir remémoré mon, notre, merveilleux accouchement avec mon chéri, il s'est avéré que j'y suis
restée plus d'une heure et demi! Les contractions espacées les unes des autres m'ont vraiment permis de somnoler et de me reposer, perdant ainsi la notion du temps.
Finalement, les cours de préparation à la naissance n'ont pas été vraiment utiles. Une femme sait donner la vie, c'est au plus profond d'elle-même, elle n'a pas besoin de s'en remettre à
d'autres pour savoir comment s'y prendre, je l'ai beaucoup ressenti lors de mon accouchement.
Voilà le récit d'une naissance rêvée, imaginée, respectée, entourée d'amour et d'encouragements, sans aucun geste médical mis à part l'écoute du cœur de notre bébé par trois fois. Il est
agréable et doux de donner naissance dans l'intimité de son foyer. Merci à mon chéri d'avoir été là pour moi, de m'avoir suivie, guidée et accompagnée pendant la naissance de notre fils. Merci
d'avoir su être là quand il le fallait. Et merci à A., notre sage-femme, sans qui ce projet n'aurait pas pu se concrétiser.
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